REPORT DU PROCÈS DE LA BORIE À L’HEURE DU CONFINEMENT

Dans le contexte, on espère que tout-e le monde – notamment les personnes vulnérables au coronavirus – va bien et trouve le soutien nécessaire pour passer à travers cette période bizarre. De notre côté on se sent très privilégié-es d’être confiné-es à La Borie. On est conscient-es que la tournure répressive des évènements n’est pas évidente à vivre pour beaucoup de personnes enfermées dans leur logement-cellule. Un moment qui nous rappelle que l’état policier peut toujours manipuler à son bon vouloir ses lois pour restreindre les libertés individuelles et préparer le terrain pour un flicage généralisé de nos déplacements et de nos vies. On pense entres autres aux personnes racisées sur qui s’abat la violence policière avec d’autant plus de vigueur ces jours-ci (pour faire changement…).

Comme vous devez le savoir déjà, la plupart des tribunaux sont suspendus tout autant que le cours normal de la vie. On a donc eu l’excellente nouvelle que le procès pour expulsion de La Borie est reporté à une date encore inconnue que nous espérons fort fort lointaine. Un peu de réconfort dans un contexte si peu réconfortant. Du coup, la fête prévue pour le 1er, 2, 3 avril est elle aussi reportée. Mais ne vous inquiétez pas, on vous tiendra au courant quand la nouvelle date de procès nous sera transmise.

Si tu as prévu de venir te confiner avec nous, sache que c’est pas un lieu idéal pour les personnes vulnérables au coronavirus. De plus, le climat est encore un peu froid pour vivre confortablement en camping sur le bord de la rivière. Résultat, on s’entasse pas mal dans les espaces chauffés. Donc si tu viens, il faut prévoir d’être autonome pour ne pas saturer les espaces collectifs. Sinon on pourra évidemment réfléchir ensemble pour trouver des solutions, La Borie est grande et pleine de ressources. Aussi, et surtout, on souhaite préserver le confort qu’on a su mettre en place cette dernière année pour les meufs, trans, pédés, gouines et autres queers dans le genre qui ont trouvé refuge ici. Alors si t’es un mec cisgenre hétéro (dyadique, c’est-à-dire pas intersexe), c’est cool de voir si tu as d’autres options de lieux avant de venir, il en existe tant d’autres où tu peux trouver ta place aisément. La Borie reste un lieu ouvert, mais critique de la culture cis-hétéro-patriarcale. YAY !

Prenez soin de vous, où que vous soyez <3

Recommandations pour renforcer son système immunitaire:

– deux cuillères d’Elixir du Suédois par jour

– trois gouttes de propolis si la gorge te gratte (bon… par contre c’est pas végane)

– quinze gouttes d’extrait de pépins de pamplemousse dans un litre d’eau à boire dans la journée

– quelques gouttes de teinture-mère d’aubépine pour calmer les angoisses

– boire beaucoup, de la tisane de la reine des près ou du thym par exemple

– une gousse d’ail cru

– beaucoup de sommeil

– de l’entraide

– une grève des loyers

– prétendre de faire du footing pour sortir tous les jours

– chanter à tue-tête avec tes voisin-es à travers les murs

– garder la pêche en pensant à nos futures retrouvailles

– du love

Reporté !!!! Trois journées de festivités à la Borie à l’occasion de son procès – 1er, 2 et 3 avril

Le jeudi 2 avril 2020 c’est le procès du squat de la Borie que la mairie de Saint-Jean-du-Gard (Cévennes) veut expulser au plus vite. Ca nous a donné envie de se retrouver et de se trouver. Ca nous a donné l’idée d’organiser trois journées de festivités pour se célébrer punk-féministes, queer, foufolles, anar-cassos, asocial.es, atypiques,…

C’est mieux d’arriver le 1er avril à la Borie pour qu’on puisse faire une p’tite AG de préparation du rassemblement, expliquer la situation juridique et quotidienne du lieu, fabriquer les banderoles, se costumer ensemble et organiser les trajets vers le tribunal.

Puis le 2 avril : Viens danser devant leurs instances juridiques pour ne pas subir, pour se tenir fort.es, pour se faire plein d’empowerment ! A partir de 9h30 devant le tribunal d’Alès avec Fanfare Queer au rendez-vous. Ramène ton plus beau costume, pimp-toi jusqu’au bout des ongles, fait péter les paillettes !

Le 2 et 3 avril on prévoit des ateliers, performances, chantiers-co, grands jeux, et autres réjouissances sur la Borie même.

Le vendredi 3 on fait la fête ! Avec concerts + Djs La programmation précise sera bientôt en ligne sur laborie.noblogs.org

 

Infos Pratiques

Dodo : Il y a un sleeping en mixité choisie MTPG, un sleeping sans mec cis, un sleeping mixte, plein de coins chouchous pour planter les tentes au bord de la rivière, dont un en mixité choisie également.

Bouffe : Prenez de quoi manger même si des repas collectifs sont en cours de préparation. La cuisine de printemps sera accessible pour cuisiner.

La fête/la sociabilité : il y aura des espaces calmes et tranquilles pour celleux qui préfèrent. Pour que ce soit inclusif pour les êtres non-sociables.

Espace Safer : Les habitant.es aspirent à rendre la Borie un espace safer pour les personnes, comme la majorité d’ell.eux, minorisées du fait de leur identité de genre, de leurs origines, de leur orientation sexuelle, de leurs handicap ou de leur neuro-divergeance,… Nous avons conscience que ce lieu est traversé par plein de gentes différent.es et pas toujours porteuses des mêmes valeurs. On tente, du mieux qu’on peut, de composer entre le fait d’être un lieu ouvert héritier de 31 années d’histoire de lutte et d’occupation, et en même temps d’être un espace le plus safe possible pour toutes les personnes concernées par des oppressions systémiques. Pas toujours facile…

Les véhicules : Camions, voitures, c’est mieux de se garer sur le parking qui surplombe la Borie. Il y a aussi des spots aux alentours.

Animaux : Il y a déjà quelques chiens et chats sur place en liberté, on essaye de gérer au mieux les cohabitations.

Comment venir : A Saint-Jean-du-Gard prendre la direction Saint-Etienne-Vallée-Française deux fois. Vous êtes pendant 10-15 minutes sur une petite route en zigouigoui – à un moment elle se divise en deux, restez sur la route de gauche – passez devant des graffitis rose et orange « La Borie lutte encore – Ruas dégage », un peu plus loin encore au panneau « Ne jetez plus, les gentes hors de chez ell.eux » garez vous sur le parking, puis descendez à droite et trouvez le portail de la Borie.

 

La situation

LA BORIE C’EST QUOI? Un lieu de vie ouvert, un squat dans les Cévennes au bord d’une rivière, 31 ans d’histoire de lutte (contre un barrage) et d’occupation, des valeurs partagées queer féministe, anticapitaliste, anti-autoritaire, de réflexion autour du soin/care, de la passion pour des crêpes à la banane et des plantes sauvages, du changement constant..

DERNIEREMENT, deux espaces de vie en mixité choisie, l’un TPG-meuf, l’autre sans mecs cis, ont été aménagés et construits. Deux semaines de réflexions et de partage de pratiques sur le soin ont été organisées, une troisième pointe le bout de son nez… On fait des semis et des cabanes bien que…

LA SITUATION JURIDIQUE : Le site de la Borie est sur un terrain communal. Le maire tente par tous les moyens de nous expulser. Après plusieurs tentatives ratées, nous sommes de nouveau convoqué.e.s en référé.

Rassemblement pour le procès du collectif de la Borie, le 2 avril à Alès.

LA BORIE C’EST QUOI?

un lieu de vie ouvert, un squat dans les Cévennes au bord d’une rivière, 31 ans d’histoire de lutte (contre un barrage) et d’occupation, des valeurs partagées queer féministe, anticapitaliste, antiautoritaire, de réflexion autour du soin/care, de la passion pour des crêpes à la banane et des plantes sauvages, du changement constant

DERNIEREMENT, deux espaces de vie en mixité choisie, l’un TPG-meuf, l’autre sans mecs cis, ont été aménagés et construits. Deux semaines de réflexions et de partage de pratiques sur le soin ont été organisées, une troisième pointe le bout de son nez… On fait des semis et des cabanes bien que…

LA SITUATION JURIDIQUE

Le site de la Borie est sur un terrain communal. Le maire tente par tous les moyens de nous expulser. Après plusieurs tentatives ratées, nous sommes de nouveau convoqué.e.s en référé.

L’INVITATION

Viens, venez donc pour une belle présence, avec de quoi faire du bruit musicale, devant le tribunal d’Alès pendant le procès, le 2 avril à partir de 10h.

Et l’after sera bouffe, boum et feu à la maison. Il y a peu de chance que l’expulsabilité soit remise en cause, et l’appel de la décision, non suspensif, peut être refusé.

Ici, c’est chez nous, mais c’est aussi un lieu ressource pour plein de gentes, de repos, de survie, d’expérimentation de vie différentes. On ne veut pas se laisser expulser sans histoire, de ce lieu qui en porte tant.

On aura besoin de soutien à partir du mois d’avril. Reste à l’écoute via notre blog et tes contacts perso ! On diffusera au bon moment les appels à soutien pour la suite de l’histoire !

Le 2 avril prochain des habitantes du collectif sont assignées devant le tribunal de grande instance d’Alès (nouvellement « tribunal judiciaire »). La mairie cherche encore à faire expulser les personnes occupant le lieu « sans droits ni titre ». Non contents d’avoir obtenu le départ de Michel qui y vivait depuis 30 ans, et d’avoir privé les agriculteur-ices voisin-es des terres qu’i-elles exploitaient, M Ruas et le conseil municipal s’acharnent à déloger les personnes qui continuent d’occuper illégalement les locaux.

De titre, nous n’en avons pas. Des droits nous en avons, le droit au logement existe. Ce qui se loge à la Borie, c’est une association informelle de plusieurs centaines de personnes, aux activités encore plus nombreuses. Nous avons besoin d’espaces pour vivre nos rêves.

Les rêves de sociétés sans hiérarchie entre les individu-es, sans relation d’argent, un rêve de partage des ressources, d’entraide dans les galères comme dans les projets ; ces rêves ont trouvé à la Borie un lieu où résonner, et de multiples projets y ont vu le jour avant de se répandre à l’extérieur de ses limites.

Nous voulons continuer d’occuper la Borie dans cet état d’esprit : critique du monde qui nous entoure, conscient-es des difficultés à construire autrement, mais ne renonçant jamais à nos rêves.

Les cabanes se multiplient, les espaces collectifs respirent une vive énergie et devraient accueillir sous peu des concerts et autres joyeusetés ! Le jardin, entretenu cet hiver, bourgeonne de plus belle et les semis germent dans la serre, profitant d’un printemps précoce. Cet été (re)viendront des personnes aimant à se baigner et camper dans ce lieu magnifique, encore libéré de l’emprise capitaliste, tant que les forces de l’ordre ne l’auront pas rendu au circuit financier.

LA BORIE RESISTE ! RDV le 2 avril à partir de 10 heures devant le tribunal d’Ales pour manifester notre soutien !

A nos voisin.e.s, Patrick Pasanau et Delphine Maillard, qui changent d’idées politiques selon comment le vent souffle.

(Réponse au tract écrit le 29 janvier 2020 et distribué dans St-Jean-du-Gard dénonçant les violences perpétrées par les « squatteurs » à leur encontre)

Il y a 10 ans, lorsque Pat’ et Delph’ ont invité des squatteurs qui venaient de se faire expulser à venir occuper les bâtiments vides de la Borie, ça faisait très cool et c’était intéressant pour eux puisque eux-même squattaient leurs maisons de manière isolé et qu’il fallait faire rapport de force, être nombreux.ses. Ielles s’en gargarisent encore d’ailleurs, car l’étiquette « révolutionnaire » leur sied bien. Depuis, l’équipe du collectif, qui a bien changée, a pu assister au grand discours de Patrick, l’été 2017, à l’une de nos assemblée face aux menaces d’expulsions, qui avait des plans machiavéliques de résistance et qui criait bien fort qu’il ne se laisserait pas faire. Ce temps est désormais révolu, car Pat’ fait la girouette selon ses intérêts personnels.

Lorsque la mairie les mène en justice il y a deux ans de ça pour les mettre à la porte, ils décident de se défendre légalement et de se plier aux décisions étatiques. Ça commence tout doucement à pas le faire d’être pote avec les anarchistes d’à côté. Les liens s’amenuisent peu à
peu, pas de réponses à nos bonjours, beaucoup de mépris, et même des gestes violents à notre encontre ; arracher un bout d’un de nos véhicule avec le leur devant les yeux ébahis de la conductrice, gueuler sur les gens qu’ils croisent au hasard pour se passer les nerfs, nous faire part de leur désolidarisation claire fasse aux menaces d’expulsions, etc…

Ça doit pas être facile de tenir des discours anti-flics et dans le même temps porter plainte contre ses voisins squatteurs. Ni de se revendiquer « en lutte » tout en demandant au maire crasseux de droite de St-Jean-du-Gard, ainsi qu’au sous préfet du Gard et aux gendarmes de s’occuper de nous. Dans ce tract d’appel à l’aide désespéré se cachent beaucoup de falsifications de la vérité. Patrick et Delphine savent très bien que si le portail est parfois fermé ou que les inconnu.es sont questionné.es sur leur présence c’est que nous subissons des visites régulières des forces de l’ordre et que nous craignons une expulsion surprise ou des perquisitions. Lorsque nous avons cadenassé le portail nous leur avons donné le code, et nous n’avons jamais empêché de passer leurs ami.es ou famille…

Ielles dénoncent un « système tyrannique » porté par nous sur des bases de « haine », et jouent ainsi le jeu des médias et de l’état qui façonnent une image stéréotypée des squatteurs, des zadistes ou autre, dont l’idéologie ne reposerait que sur le « anti-tout » et sur le désir de violence. Leurs pauvres petits-enfants ne pourraient pas venir les visiter car ce serait trop dangereux pour eux, alors que d’autres enfants vivent au quotidien avec nous et se portent très bien, merci pour eux… C’est facile de se faire passer pour les victimes et d’agiter l’épouvantail des méchants squatteurs agressifs qui ont soif de conflit, quel témoin pourrait le nier? Il n’y en a pas, et la voix qui a le plus de crédibilité aux yeux de l’opinion publique c’est la leur, celle de la famille travailleuse et engagée face à celle des « radicalisé.es » ultraviolent.es.

Toute leur frustration et leur mépris, ça fait des années qu’on se les prend dans la gueule. Plusieurs fois on les a invité à trouver un moyen de communiquer pour éviter que la situation n’empire, mais il n’y ont jamais répondu. Et ce pour une seule raison ; ce n’est absolument pas
stratégique pour sauver leur peau devant la justice. C’est toujours le cas aujourd’hui car la mairie, non contente du résultat du procès qui leur permet d’occuper une des maisons de la Borie, les traine en cassation.

Alors cher.es voisin.es, voilà où nous en sommes, à laver notre linge sale sur la place publique. « Il m’a fait ça! » « non, c’est lui! ». Si vous aviez eu envie d’apaiser la situation il aurait juste fallu faire 100 mètres et venir discuter sur le « comment » on cohabite. Votre mépris et vos contradictions politiques ont fait effet boomerang et se sont retourné contre vous, il faut pas venir pleurnicher maintenant !

Semaine Soin et Procès juridiquement juridique

Qu’est-ce qui se passe encore à La Borie?

Une autre semaine de soin à eu lieu avec encore plein d’echanges et discussions. On s’est partagé des savoirs sur des outils de soin très facilement pratiquables mais parfois avec des effets assez puissants:
Le mouvement authentique permet d’écouter et suivre les signals du corps. La Fake Therapy avec ses principes de base
– lea soigné.e n’a pas de problème
– lea soignant.e n’a pas de pouvoir
– on fait notre mieux
fait decouvrir des nouvaux pistes et horizons et fait du bien tout simplement.

On a discuté de l’appropriation culturelle du soin. C’est un thème assez sensible et il n’est pas toujours facile de communiquer car nous n’avons pas tout.e.s les mêmes attentes et définitions de ce concept.

Nous avons lu un texte sur le yoga pratiqué dans les clubs a Montréal.
Le yoga y est transformé et adapté pour la sociéte occidentale, vidé de son sens et puis capitalisé et rendu inaccessible pour toutes personnes qui ne rentrent pas dans le cadre blanc, riche, eduqué, sportif, etc.

Mais ensuite, qu’en est il de nos pratiques personnelles, non lucratives ? Qigong, acupuncture, massages, médecine chinoise, reiki…
et même au quotidien : les plats qu’on cuisine qui viennent d’autres pays, les tatouages, les habits…
L’important c’est sûrement de se poser des questions de pourquoi on fait ça, d’où ça vient, qu’est ce que ça veut dire pour nous et celleux qui les pratiquent autour de nous?

Finalement, on voulait finir la semaine avec une hutte de sudation, ce qui a prolongé le débat sur l’appropriation culturelle puisque cette pratique vient des cultures autochtones d’Amérique du Nord et est aujourd’hui commercialisée par des entreprises qui vendent des « séjours de survie » en dénaturant complètement le contexte et l’état d’esprit.
Ici, on fait ça entre nous, avec nos propres rituels et notre état d’esprit… alors…??
Surtout, il faudrait en parler avec des personnes concernées par ces cultures !

bain chaud sur la plage est aussi une très belle pratique du soin qui craint mois au niveau de l’appropriation culturelle

Des personnes se sont senties critiquées et/ou attaquées. On se dit alors qu’il est important de communiquer nos ressentis sans condamner directement, mais en cherchant à ouvrir un dialogue.
L’ego est souvent touché puisqu’il peut s’agir d’aspects très personnels de la vie, mais essayons de s’en détacher un peu aussi.

le texte que nous avons lu: http://francoisestereo.com/vers-une-pratique-feministe-du-yoga/
Video en anglais: https://yogaappropriation.wordpress.com

The cultural appropriation of the sweatlondge ceremony
https://capstoneseminarseries.files.wordpress.com/2014/04/sheldon-roussy-and-brittany-collier-final-by-anne.pdf

Mouvement Authentique
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_authentique

Et enfin, nous sommes convoqué.e.s devant le tribunal. Demain on saura la date du procès. Paraît que le maire veut nous chasser avant les elections mi-mars.
Aussi nos voisin.e.s pseudo anarchistes et ancien.ne.s squatteur.euses nous font la guerre, deposent des mains courantes et distribuent des tracts aux alentours qui racontent de la grosse merde sur nous.

Ca nous plaît pas trop..

Un hiver à la Borie

Décembre 

La vie quotidienne à la Borie est toujours en cours : une trentaine de personnes se sont réunies pour parler et pratiquer autour du sujet du soin. Se sont échangé des savoirs, se sont rencontré des personnes. A travers nos réseaux en lutte nous nous sommes dit que la culture du soin et la bienveillance sont prioritaires, qu’il est temps d’y accorder plus d’importance.

Nous nous levons tôt et nous rassemblons dans la yourte, les yeux encore petits et fatigués. Un jeu va nous réchauffer, on marche sans but dans l’espace, puis on se rencontre, se dit bonjour, des câlins et des checks sont échangés. Là, en cercle, une météo émotionnelle pour que chacun.e puisse déposer comment i.elle se sent, et quelles sont ses attentes. Puis un voyage hypnotique collectif pour créer un égrégore, une créature collective alimentée par la somme de nos énergies. Certaines veulent transmettre l’outil thérapeutique qu’est l’hypnose, des moments pour apprendre sont prévus les jours suivants. C’est parti pour des ateliers et des discussions. On apprend sur les moments de stress intense (aussi appelé syndrome de stress post-traumatique) liés à la répression et à la violence policière. On en découvre ses « symptômes », les manières de les reconnaitre et comment les dépasser, se reconstruire après, collectivement et individuellement. Au milieu de ce tourbillon de savoirs et d’émotions, des cris de loup remplissent la vallée. La cloche sonne. L’huissier débarque de nouveau, accompagné par le flic municipal. Décidément on n’est jamais tranquil.les. Il nous annonce qu’une nouvelle procédure d’expulsion est lancée. On découvre ensuite dans les documents qu’il nous a donné, que la mairie a tenté une expulsion unilatérale (sans procès) au mois de novembre, et que la cour d’appel de Nîmes l’a rejeté, disant qu’il y avait surement moyen de nous identifier. Ce qu’on avait fait d’ailleurs ; donner quelques identité pour aller en procès. Mais c’est toujours la même histoire, ils sont tellement sévères dans leur stratégie que ça fini par se retourner contre eux, au final ils perdent du temps et nous continuons de construire des cabanes et de faire des boutures.

On reprend notre programme. Des voyages collectifs en hypnose, des soins individuels, un atelier street-médic, des coupes de cheveux hypnotiques, des tatoo en rêve éveillé, des discussions à n’en plus finir et quelques baignades glacées dans la rivière.

Janvier

Pas de nouvelle, bonne nouvelle ! Pour l’instant pas de document d’assignation en procès dans notre boite aux lettres. On prépare la prochaine semaine de rencontre autour du « soin dans nos réseaux en lutte ». On est nombreux.ses sur place, le poêle à bois de la salle commune va bon train, on est bien à la Borie 🙂

Dimanches à La Borie – Novembre

Voilà la yourte à la Borie est re-redeclaré ouverte. Quelques
dimanches en Novembre elle acceuillera déjà des petits activités:

10 Nov 15h
Projection Debat
Nbya Guarani
Lutte contre un projet immobiliér au sud du bresil

17 Nov 15h
cycle anti-psy // première session
projection debat
ce gamin là // Fernand Deligny

24 Nov
Tournoi intergalactique des ricochets
et Lancement du four à pain

Et bien sûr, si vous voulez, la yourte sera egalement ravie de
acceuillir ton activité, quoi que ca soit, projection, debat, concert,
conference, etc.
Aussi, nous avons envie de lancer le four à pain une fois par mois si
nous trouvons quelques personnes motivé.e.s.

à très vite alors,
le colllectif de La Borie

PS: notre projecteur est cassé, pour cette fois on va se debrouiller en
prêtant mais si vous avez une idée ou trouver un pas chèr,..

 

La Borie Post – L’écotourisme se fait séquestrer

On ecrit encore un Journal!

Y a des choses à dire, nous sommes toujours là. C’est n’est pas facile à se mettre collectivement d’accord sur les textes, les formulations, les dessins,…
Quel tête on souhaite que l’ensemble ait? C’est quoi le message que nous avons envie de transmettre? Et aussi ce journal est un espace pour plusieurs d’entre nous qui n’ont pas du tout l’habitude de pouvoir s’exprimer.

Septembre 2019 à la Borie est pleine d’énergies. On construit des cabanes pour  l’hiver. On organise des activités dans la semaine, un groupe chorale, un groupe soin et sorcellerie, des discussions autour du jardin… Des réunions avec la lézarde, on a envie de faire des choses ensemble, si on faisait une grande fête avec les Saint-jeannais.e.s ? On a reçu une convocation pour un pourvoi en cassation : ça prend au moins un an ! Joie ! On va enfin pouvoir se projeter tranquillement, construire des choses içi sans avoir la trouille que tout soit détruit. La vie collective est chargée.
des énergies de l’été : dynamique ; on se projette. On s’enracine dans la terre meuble de la borie. Tranquille.

Le 11 septembre visite d’un huissier, de l’adjoint au maire et d’un flic municipal.

La tranquillité aura été de courte durée. Nous demandent si on habite ici. Si on compte partir.. Si on refuse de donner nos identités. Nous parle d’une supposée seconde interprétation du procès par la présidente du tribunal de Nîmes déclarant les parcelles expulsables et le jugement exécutoire. Exécutoire ça veut dire expulsable maintenant, quand on veut, sans vous prévenir haha! Personne n’a reçu ce papier. Nous dit qu’il n’y a pas de délai, que le but de son intervention est de transmettre les informations au préfet pour autoriser l’intervention des forces de police «Si vous n’aimez pas les forces de l’ordre, vous risquez d’en voir beaucoup ici… – Je fais mon travail. – On vous souhaite des cauchemars».

Après avoir insisté, on comprend qu’il faut donner des noms avant le lendemain matin pour éviter une procédure non contradictoire, enfin, peut être ?

Un groupe de personnes se rend l’après-midi même chez l’huissier décliner leurs identités.

Pendant quelques jours nous n’avons pas de nouvelles. Les suppositions et fantasmes vont bon gré. Peut-on être expulsé.E.s n’importe quel jour sans préavis ? Sans même avoir eu l’occasion de nous défendre? Faut-il protéger toutes nos affaires, les animaux? Chercher un lieu de repli? Est-ce qu’on va être informées ou est-ce qu’on va encore être reléguées en dehors des procédures de justice, face aux flics, sans préavis ?

Coups de fil aux avocats. Les sons de cloches varient en fonction d’à qui on pose la question. C’est demain ou est-ce qu’on attend une convocation en justice?

Le flou. Le déni.

On continue à tutorer les tomates. C’est bientôt le temps de planter les épinards. Il faut faire du bois pour l’hiver avant la pluie. Oups ! Il pleut déjà. La Borie en a vu d’autres, elle passera encore entre les mailles de leurs filets. Il sera bientôt temps de récolter les figues. Les champignons arrivent. C’est l’automne.

On attend l’assignation au tribunal. On se prepare le mieux possible. Certaines entre nous commencent à connaître les espèces de la jungle juridque aussi bien que les plantes medicinales de la prairie.

Voici des liens pour regarder et telecharger la Borie Post de Août-Sept-Oct 2019:

page par page, 11,6mb https://cloud.eauchat.org/index.php/f/43028
page par page, 72,2mb https://cloud.eauchat.org/index.php/f/43037
livret, 11,7mb https://cloud.eauchat.org/index.php/f/43025
Livret, 76,7mb https://cloud.eauchat.org/index.php/f/43012

« On vous souhaite des cauchemars »

La rentrée à la Borie est pleine d’envies

On construit des cabanes pour l’hiver

On organise des activités dans la semaine, un groupe chorale, un groupe soin santé, des discussions anti-psy, des discussions autour du jardin…

Une réunion avec la lézarde, on a envie de faire des choses ensemble, si on faisait une grande fête avec les Saint-jeannais.e.s ?

On a reçu une convocation pour un pourvoi en cassation : ça prend au moins un an ! Joie ! On va enfin pouvoir se projeter tranquillement, construire des choses içi sans avoir la trouille que tout soit détruit par la police.

La vie collective est chargée des énergies de l’été, dynamique, on se projette

On s’enracine dans la terre meuble de la borie

Tranquille

Le 11 septembre au matin, visite d’un huissier, de l’adjoint au maire et d’un flic municipal

La tranquillité aura été de courte durée

Nous demandent si on habite ici

Si on compte partir

Si on refuse de donner nos identités

Nous parlent d’une supposée seconde interprétation du procès par la présidente du tribunal de Nîmes déclarant les parcelles expulsables et le jugement exécutoire

Exécutoire ça veut dire expulsable maintenant, quand on veut, sans vous prévenir haha !

Personne n’a reçu ce papier

Nous dit qu’il n’y a pas de délai, que le but de son intervention est de transmettre les informations au préfet pour autoriser l’intervention des forces de police

« Si vous n’aimez pas les forces de l’ordre, vous risquez d’en voir beaucoup ici… »

« – Je fais mon travail.

– On vous souhaite des cauchemars »

Après avoir insisté, on comprend qu’il faut donner des noms avant le lendemain matin pour éviter une procédure non contradictoire, enfin, peut être ?

Un groupe de personnes se rend l’après-midi même chez l’huissier décliner leurs identités

Pendant quelques jours nous n’avons pas de nouvelles

Les suppositions et fantasmes vont bon gré

Peut-on être expulsé.e.s n’importe quel jour sans préavis ? Sans même avoir eu l’occasion de nous défendre ?

Faut-il protéger toutes nos affaires, les animaux ? Chercher un lieu de repli ?

Est-ce qu’on va être informées ou est-ce qu’on va encore être reléguées en dehors des procédures de justice, face aux flics, sans préavis ?

Coups de fil aux avocats. Les sons de cloches varient en fonction d’à qui on pose la question.

C’est demain l’expulsion ou est-ce qu’on attend une convocation en justice ?

Le flou.

Le déni.

On continue à tutorer les tomates. C’est bientôt le temps de planter les épinards. Il faut faire du bois pour l’hiver avant la pluie. Oups ! Il pleut déjà. La Borie en a vu d’autres, elle passera encore entre les mailles de leurs filets. Il sera bientôt temps de récolter les figues. Les champignons arrivent. C’est l’automne.