Atelier sur le privilège blanc – à la Borie

Durant le confinement, trois personnes (racisées métisses et blanche) ont donné un atelier sur le privilège blanc. Celui-ci s’est déroulé il y a une semaine à la Borie.

C’est un atelier pensé en particulier à destination des personnes blanches (bien qu’il ait eu lieu ici en présence de quelques personnes racisées) car ses objectifs sont de :
– permettre des échanges et des réflexions sur le système de domination raciste,
– partager une reconnaissance de la position de blanc-he comme position dominante et privilégiée dans ce rapport social,
– contribuer à une prise de responsabilité des personnes blanches dans leur auto-éducation vis à vis du racisme,

– contribuer à une réflexion critique sur les tensions inévitables quand on souhaite lutter contre le racisme depuis une position dominante,
– espérer alimenter la lutte concrète contre le racisme aux niveaux individuel et collectif.

Nous avons arpenté des textes pour explorer les différentes facettes du racisme systémique, dans le but de nous confronter intimement à notre propre racisme intériorisé. Préférer prendre conscience de comment celui-ci opère dans nos milieux militants plutôt que de s’attaquer à un racisme extérieur à nous, comme celui des fachos ou de l’état. Voici les thématiques des textes arpentés ensemble :

Sur la « concurrence » entre les priorités politiques des féministes, des milieux radicaux et des personnes racisées.

– Sur les majorités blanches dans les milieux féministes et queers et l’« accueil » pas toujours correct des personnes racisées.

– Sur la prise de conscience que la blanchité est un privilège.

– Sur le privilège blanc et la difficulté (qui découle de ce privilège) d’aborder les questions de racisme avec des personnes blanches.

– Sur l’appropriation culturelle en général et en particulier dans la cuisine.

En deuxième partie nous avons regardé la vidéo « How microaggressions are like mosquito bites » (« Comment les microagressions ressemblent à des piqûres de moustiques »), qui montre à quel point les microaggressions racistes usent les personnes concernées. Cette usure non perçue par les dominant-es apparaît parfois quand une personne réagit à une microaggression qui fait déborder le vase. Ce type de réaction est malheureusement souvent jugé comme surprenant, disproportionné voire violent par les personnes blanches.

Voici les conclusions données par les personnes qui animaient l’atelier :

Les blanc-hes sont privilégié-es. L’important c’est l’impact de ce privilège dans les interactions avec des personnes racisées, pas la culpabilité blanche ni les intentions, parce qu’on fait souvent de la merde avec de bonnes intentions.

Il y a des allers-retours à faire entre « ferme ta gueule et bouge ton cul ».

Les blanc-hes sont très silencieux-ses sur les questions de racisme. Si on agit pas, on est moins exposé-es à la critique… mais ça ne change rien, donc ça entretient le système raciste. Alors une chose qui nous parait essentielle concernant des blanc-hes qui veulent lutter contre le racisme, c’est de prendre conscience que l’inconfort est inévitable et ne se dissipera pas.

On pourrait conclure en établissant des objectifs comme par exemple que nos espaces soient de plus en plus accueillants et agréables à vivre pour des personnes minorisées qu’elles soient en lutte ou pas.

Mais là on a plutôt envie de rappeler qu’il est normal qu’on garde un malaise, un inconfort. Il n’est évidement pas possible de régler la question rapidement, de résoudre des siècles de construction raciste en un claquement de doigt. Quand on commence à prendre ce chemin de prise de conscience, il est plutôt douloureux, pénible. Il se trouve qu’on peut être en même temps allié-e et aggresseur-se. Et c’est un peu tiraillant comme sensation. La culpabilité qu’on ressent sur ces sujets est cependant un problème à gérer seul-e. C’est à dire qu’on ne pourra pas demander à des personnes racisées de nous distribuer des bons points et nous (r)assurer qu’on est meilleur-es qu’avant.

Il s’agit entre autres de faire l’expérience de la réduction de ses privilèges concrètement. D’accueillir de manière correcte la parole des personnes qui se sentent agressées par nos comportements racistes. De corriger petit à petit son langage, ses gestes, ses évidences.

En tous cas, vous l’avez compris, travailler sur son privilège blanc, c’est un processus, pas un truc où un jour on aura assez lu et tout compris. Et comme travailler à réparer les endroits où on a été blessé-e, humilié-e et qu’on continue de l’être est aussi un travail prenant, comprenons que les personnes racisées ont aussi parfois d’autres priorités que nous éduquer. Sans animosité. Juste les chantiers en cours ne sont pas toujours compatibles. Et en plus, sachez qu’on est pas mal à rajouter à cette double réalité des petits détails relativement prise de tête comme d’être à l’intérieur de nous des mélanges de racistes et de racisé-es, de colons et colonisé-es, de dominant-es et d’humilié-es, de coupables et d’enragé-es, etc. Tout ça.

Voici quelques ressources, blog, musique et vidéos :

  • Vidéo « How microaggressions are like mosquito bites » https://www.youtube.com/watch?v=hDd3bzA7450

  • Vidéo sur la chaine YouTube Keyholes&Snapchots (de la youtubeuse Clémence, femme cis noire française afroféministe), Les micro-agressions  https://www.youtube.com/watch?v=vsxmCV8Kr8Q

  • Vidéo du sketch Aamer Rahman (humoriste militant australien banglado-descendant homme cis), Le racisme anti-blanc. https://www.youtube.com/watch?v=DO-GM1ObW3s

  • Vidéo du sketch Aamer Rahman, Atelier sur les ptits blancs https://www.youtube.com/watch?v=0qFWvCa5wbU

  • Musique de Pétra Pied de Biche (chanteuse militante afro-féministe), Jeu de Blancs et Ne pas déranger https://petravolta.wordpress.com/petra-pied-de-biche/

  • Le blog de Joao Gabriel https://joaogabriell.com

  • Le blog de Sem Nagas https://sorryiamnotsorryblog.wordpress.com

  • Le blog de Ms Dreydful https://msdreydful.wordpress.com

  • Le blog de Nur uebergeben.wordpress.com

  • Ms. Dreydful (militante noire), Les gens et le racisme, un problème d’égo

  • Robin DiAngelo (sociologue et militante antiraciste américaine blanche femme cis), La fragilité blanche : pourquoi est-ce si dur de parler aux blancs de racisme.

  • Maisha Z. Johnson (auteure afro-américaine femme cis), Quel est le problème avec l’appropriation culturelle ?

  • Nelly (militante queer racisée), « Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être blanche… », fanzine It’s been lovely but I have to scream now, #1, janvier 2017

  • Peggy Mac Intosh (chercheuse étasunienne blanche femme cis), questionnaire pour savoir si on bénéficie du privilège blanc.

  • Si vous voulez vous aussi checker vos privilèges voici un petit exercice proposé par Kathy Obear (femme cis blanche étasunienne) sur les modes de comportements classiques des blanc-ches :


PROCÈS DE LA BORIE À L’HEURE DU CONFINEMENT

Dans le contexte, on espère que tout-e le monde – notamment les personnes vulnérables au coronavirus – va bien et trouve le soutien nécessaire pour passer à travers cette période bizarre. De notre côté on se sent très privilégié-es d’être confiné-es à La Borie. On est conscient-es que la tournure répressive des évènements n’est pas évidente à vivre pour beaucoup de personnes enfermées dans leur logement-cellule. Un moment qui nous rappelle que l’état policier peut toujours manipuler à son bon vouloir ses lois pour restreindre les libertés individuelles et préparer le terrain pour un flicage généralisé de nos déplacements et de nos vies. On pense entres autres aux personnes racisées sur qui s’abat la violence policière avec d’autant plus de vigueur ces jours-ci (pour faire changement…).

Comme vous devez le savoir déjà, la plupart des tribunaux sont suspendus tout autant que le cours normal de la vie. On a donc eu l’excellente nouvelle que le procès pour expulsion de La Borie, initialement prévu pour le 2 avril, est reporté au 2 juillet. On organise des festivités pour l’occasion en espérant que le confinement aura prit fin d’ici là.

Si tu as prévu de venir te confiner avec nous, sache que c’est pas un lieu idéal pour les personnes vulnérables au coronavirus. De plus, le climat est encore un peu froid pour vivre confortablement en camping sur le bord de la rivière. Résultat, on s’entasse pas mal dans les espaces chauffés. Donc si tu viens, il faut prévoir d’être autonome pour ne pas saturer les espaces collectifs. Sinon on pourra évidemment réfléchir ensemble pour trouver des solutions, La Borie est grande et pleine de ressources. Aussi, et surtout, on souhaite préserver le confort qu’on a su mettre en place cette dernière année pour les meufs, trans, pédés, gouines et autres queers dans le genre qui ont trouvé refuge ici. Alors si t’es un mec cisgenre hétéro (dyadique, c’est-à-dire pas intersexe), c’est cool de voir si tu as d’autres options de lieux avant de venir, il en existe tant d’autres où tu peux trouver ta place aisément. La Borie reste un lieu ouvert, mais critique de la culture cis-hétéro-patriarcale. YAY !

Prenez soin de vous, où que vous soyez <3

Recommandations pour renforcer son système immunitaire:

– deux cuillères d’Elixir du Suédois par jour

– trois gouttes de propolis si la gorge te gratte (bon… par contre c’est pas végane)

– quinze gouttes d’extrait de pépins de pamplemousse dans un litre d’eau à boire dans la journée

– quelques gouttes de teinture-mère d’aubépine pour calmer les angoisses

– boire beaucoup, de la tisane de la reine des près ou du thym par exemple

– une gousse d’ail cru

– beaucoup de sommeil

– de l’entraide

– une grève des loyers

– prétendre de faire du footing pour sortir tous les jours

– chanter à tue-tête avec tes voisin-es à travers les murs

– garder la pêche en pensant à nos futures retrouvailles

– du love

A nos voisin.e.s, Patrick Pasanau et Delphine Maillard, qui changent d’idées politiques selon comment le vent souffle.

(Réponse au tract écrit le 29 janvier 2020 et distribué dans St-Jean-du-Gard dénonçant les violences perpétrées par les « squatteurs » à leur encontre)

Il y a 10 ans, lorsque Pat’ et Delph’ ont invité des squatteurs qui venaient de se faire expulser à venir occuper les bâtiments vides de la Borie, ça faisait très cool et c’était intéressant pour eux puisque eux-même squattaient leurs maisons de manière isolé et qu’il fallait faire rapport de force, être nombreux.ses. Ielles s’en gargarisent encore d’ailleurs, car l’étiquette « révolutionnaire » leur sied bien. Depuis, l’équipe du collectif, qui a bien changée, a pu assister au grand discours de Patrick, l’été 2017, à l’une de nos assemblée face aux menaces d’expulsions, qui avait des plans machiavéliques de résistance et qui criait bien fort qu’il ne se laisserait pas faire. Ce temps est désormais révolu, car Pat’ fait la girouette selon ses intérêts personnels.

Lorsque la mairie les mène en justice il y a deux ans de ça pour les mettre à la porte, ils décident de se défendre légalement et de se plier aux décisions étatiques. Ça commence tout doucement à pas le faire d’être pote avec les anarchistes d’à côté. Les liens s’amenuisent peu à
peu, pas de réponses à nos bonjours, beaucoup de mépris, et même des gestes violents à notre encontre ; arracher un bout d’un de nos véhicule avec le leur devant les yeux ébahis de la conductrice, gueuler sur les gens qu’ils croisent au hasard pour se passer les nerfs, nous faire part de leur désolidarisation claire fasse aux menaces d’expulsions, etc…

Ça doit pas être facile de tenir des discours anti-flics et dans le même temps porter plainte contre ses voisins squatteurs. Ni de se revendiquer « en lutte » tout en demandant au maire crasseux de droite de St-Jean-du-Gard, ainsi qu’au sous préfet du Gard et aux gendarmes de s’occuper de nous. Dans ce tract d’appel à l’aide désespéré se cachent beaucoup de falsifications de la vérité. Patrick et Delphine savent très bien que si le portail est parfois fermé ou que les inconnu.es sont questionné.es sur leur présence c’est que nous subissons des visites régulières des forces de l’ordre et que nous craignons une expulsion surprise ou des perquisitions. Lorsque nous avons cadenassé le portail nous leur avons donné le code, et nous n’avons jamais empêché de passer leurs ami.es ou famille…

Ielles dénoncent un « système tyrannique » porté par nous sur des bases de « haine », et jouent ainsi le jeu des médias et de l’état qui façonnent une image stéréotypée des squatteurs, des zadistes ou autre, dont l’idéologie ne reposerait que sur le « anti-tout » et sur le désir de violence. Leurs pauvres petits-enfants ne pourraient pas venir les visiter car ce serait trop dangereux pour eux, alors que d’autres enfants vivent au quotidien avec nous et se portent très bien, merci pour eux… C’est facile de se faire passer pour les victimes et d’agiter l’épouvantail des méchants squatteurs agressifs qui ont soif de conflit, quel témoin pourrait le nier? Il n’y en a pas, et la voix qui a le plus de crédibilité aux yeux de l’opinion publique c’est la leur, celle de la famille travailleuse et engagée face à celle des « radicalisé.es » ultraviolent.es.

Toute leur frustration et leur mépris, ça fait des années qu’on se les prend dans la gueule. Plusieurs fois on les a invité à trouver un moyen de communiquer pour éviter que la situation n’empire, mais il n’y ont jamais répondu. Et ce pour une seule raison ; ce n’est absolument pas
stratégique pour sauver leur peau devant la justice. C’est toujours le cas aujourd’hui car la mairie, non contente du résultat du procès qui leur permet d’occuper une des maisons de la Borie, les traine en cassation.

Alors cher.es voisin.es, voilà où nous en sommes, à laver notre linge sale sur la place publique. « Il m’a fait ça! » « non, c’est lui! ». Si vous aviez eu envie d’apaiser la situation il aurait juste fallu faire 100 mètres et venir discuter sur le « comment » on cohabite. Votre mépris et vos contradictions politiques ont fait effet boomerang et se sont retourné contre vous, il faut pas venir pleurnicher maintenant !

Semaine Soin et Procès juridiquement juridique

Qu’est-ce qui se passe encore à La Borie?

Une autre semaine de soin à eu lieu avec encore plein d’echanges et discussions. On s’est partagé des savoirs sur des outils de soin très facilement pratiquables mais parfois avec des effets assez puissants:
Le mouvement authentique permet d’écouter et suivre les signals du corps. La Fake Therapy avec ses principes de base
– lea soigné.e n’a pas de problème
– lea soignant.e n’a pas de pouvoir
– on fait notre mieux
fait decouvrir des nouvaux pistes et horizons et fait du bien tout simplement.

On a discuté de l’appropriation culturelle du soin. C’est un thème assez sensible et il n’est pas toujours facile de communiquer car nous n’avons pas tout.e.s les mêmes attentes et définitions de ce concept.

Nous avons lu un texte sur le yoga pratiqué dans les clubs a Montréal.
Le yoga y est transformé et adapté pour la sociéte occidentale, vidé de son sens et puis capitalisé et rendu inaccessible pour toutes personnes qui ne rentrent pas dans le cadre blanc, riche, eduqué, sportif, etc.

Mais ensuite, qu’en est il de nos pratiques personnelles, non lucratives ? Qigong, acupuncture, massages, médecine chinoise, reiki…
et même au quotidien : les plats qu’on cuisine qui viennent d’autres pays, les tatouages, les habits…
L’important c’est sûrement de se poser des questions de pourquoi on fait ça, d’où ça vient, qu’est ce que ça veut dire pour nous et celleux qui les pratiquent autour de nous?

Finalement, on voulait finir la semaine avec une hutte de sudation, ce qui a prolongé le débat sur l’appropriation culturelle puisque cette pratique vient des cultures autochtones d’Amérique du Nord et est aujourd’hui commercialisée par des entreprises qui vendent des « séjours de survie » en dénaturant complètement le contexte et l’état d’esprit.
Ici, on fait ça entre nous, avec nos propres rituels et notre état d’esprit… alors…??
Surtout, il faudrait en parler avec des personnes concernées par ces cultures !

bain chaud sur la plage est aussi une très belle pratique du soin qui craint mois au niveau de l’appropriation culturelle

Des personnes se sont senties critiquées et/ou attaquées. On se dit alors qu’il est important de communiquer nos ressentis sans condamner directement, mais en cherchant à ouvrir un dialogue.
L’ego est souvent touché puisqu’il peut s’agir d’aspects très personnels de la vie, mais essayons de s’en détacher un peu aussi.

le texte que nous avons lu: http://francoisestereo.com/vers-une-pratique-feministe-du-yoga/
Video en anglais: https://yogaappropriation.wordpress.com

The cultural appropriation of the sweatlondge ceremony
https://capstoneseminarseries.files.wordpress.com/2014/04/sheldon-roussy-and-brittany-collier-final-by-anne.pdf

Mouvement Authentique
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_authentique

Et enfin, nous sommes convoqué.e.s devant le tribunal. Demain on saura la date du procès. Paraît que le maire veut nous chasser avant les elections mi-mars.
Aussi nos voisin.e.s pseudo anarchistes et ancien.ne.s squatteur.euses nous font la guerre, deposent des mains courantes et distribuent des tracts aux alentours qui racontent de la grosse merde sur nous.

Ca nous plaît pas trop..

Un hiver à la Borie

Décembre 

La vie quotidienne à la Borie est toujours en cours : une trentaine de personnes se sont réunies pour parler et pratiquer autour du sujet du soin. Se sont échangé des savoirs, se sont rencontré des personnes. A travers nos réseaux en lutte nous nous sommes dit que la culture du soin et la bienveillance sont prioritaires, qu’il est temps d’y accorder plus d’importance.

Nous nous levons tôt et nous rassemblons dans la yourte, les yeux encore petits et fatigués. Un jeu va nous réchauffer, on marche sans but dans l’espace, puis on se rencontre, se dit bonjour, des câlins et des checks sont échangés. Là, en cercle, une météo émotionnelle pour que chacun.e puisse déposer comment i.elle se sent, et quelles sont ses attentes. Puis un voyage hypnotique collectif pour créer un égrégore, une créature collective alimentée par la somme de nos énergies. Certaines veulent transmettre l’outil thérapeutique qu’est l’hypnose, des moments pour apprendre sont prévus les jours suivants. C’est parti pour des ateliers et des discussions. On apprend sur les moments de stress intense (aussi appelé syndrome de stress post-traumatique) liés à la répression et à la violence policière. On en découvre ses « symptômes », les manières de les reconnaitre et comment les dépasser, se reconstruire après, collectivement et individuellement. Au milieu de ce tourbillon de savoirs et d’émotions, des cris de loup remplissent la vallée. La cloche sonne. L’huissier débarque de nouveau, accompagné par le flic municipal. Décidément on n’est jamais tranquil.les. Il nous annonce qu’une nouvelle procédure d’expulsion est lancée. On découvre ensuite dans les documents qu’il nous a donné, que la mairie a tenté une expulsion unilatérale (sans procès) au mois de novembre, et que la cour d’appel de Nîmes l’a rejeté, disant qu’il y avait surement moyen de nous identifier. Ce qu’on avait fait d’ailleurs ; donner quelques identité pour aller en procès. Mais c’est toujours la même histoire, ils sont tellement sévères dans leur stratégie que ça fini par se retourner contre eux, au final ils perdent du temps et nous continuons de construire des cabanes et de faire des boutures.

On reprend notre programme. Des voyages collectifs en hypnose, des soins individuels, un atelier street-médic, des coupes de cheveux hypnotiques, des tatoo en rêve éveillé, des discussions à n’en plus finir et quelques baignades glacées dans la rivière.

Janvier

Pas de nouvelle, bonne nouvelle ! Pour l’instant pas de document d’assignation en procès dans notre boite aux lettres. On prépare la prochaine semaine de rencontre autour du « soin dans nos réseaux en lutte ». On est nombreux.ses sur place, le poêle à bois de la salle commune va bon train, on est bien à la Borie 🙂

Dimanches à La Borie – Novembre

Voilà la yourte à la Borie est re-redeclaré ouverte. Quelques
dimanches en Novembre elle acceuillera déjà des petits activités:

10 Nov 15h
Projection Debat
Nbya Guarani
Lutte contre un projet immobiliér au sud du bresil

17 Nov 15h
cycle anti-psy // première session
projection debat
ce gamin là // Fernand Deligny

24 Nov
Tournoi intergalactique des ricochets
et Lancement du four à pain

Et bien sûr, si vous voulez, la yourte sera egalement ravie de
acceuillir ton activité, quoi que ca soit, projection, debat, concert,
conference, etc.
Aussi, nous avons envie de lancer le four à pain une fois par mois si
nous trouvons quelques personnes motivé.e.s.

à très vite alors,
le colllectif de La Borie

PS: notre projecteur est cassé, pour cette fois on va se debrouiller en
prêtant mais si vous avez une idée ou trouver un pas chèr,..

 

La Borie Post – L’écotourisme se fait séquestrer

On ecrit encore un Journal!

Y a des choses à dire, nous sommes toujours là. C’est n’est pas facile à se mettre collectivement d’accord sur les textes, les formulations, les dessins,…
Quel tête on souhaite que l’ensemble ait? C’est quoi le message que nous avons envie de transmettre? Et aussi ce journal est un espace pour plusieurs d’entre nous qui n’ont pas du tout l’habitude de pouvoir s’exprimer.

Septembre 2019 à la Borie est pleine d’énergies. On construit des cabanes pour  l’hiver. On organise des activités dans la semaine, un groupe chorale, un groupe soin et sorcellerie, des discussions autour du jardin… Des réunions avec la lézarde, on a envie de faire des choses ensemble, si on faisait une grande fête avec les Saint-jeannais.e.s ? On a reçu une convocation pour un pourvoi en cassation : ça prend au moins un an ! Joie ! On va enfin pouvoir se projeter tranquillement, construire des choses içi sans avoir la trouille que tout soit détruit. La vie collective est chargée.
des énergies de l’été : dynamique ; on se projette. On s’enracine dans la terre meuble de la borie. Tranquille.

Le 11 septembre visite d’un huissier, de l’adjoint au maire et d’un flic municipal.

La tranquillité aura été de courte durée. Nous demandent si on habite ici. Si on compte partir.. Si on refuse de donner nos identités. Nous parle d’une supposée seconde interprétation du procès par la présidente du tribunal de Nîmes déclarant les parcelles expulsables et le jugement exécutoire. Exécutoire ça veut dire expulsable maintenant, quand on veut, sans vous prévenir haha! Personne n’a reçu ce papier. Nous dit qu’il n’y a pas de délai, que le but de son intervention est de transmettre les informations au préfet pour autoriser l’intervention des forces de police «Si vous n’aimez pas les forces de l’ordre, vous risquez d’en voir beaucoup ici… – Je fais mon travail. – On vous souhaite des cauchemars».

Après avoir insisté, on comprend qu’il faut donner des noms avant le lendemain matin pour éviter une procédure non contradictoire, enfin, peut être ?

Un groupe de personnes se rend l’après-midi même chez l’huissier décliner leurs identités.

Pendant quelques jours nous n’avons pas de nouvelles. Les suppositions et fantasmes vont bon gré. Peut-on être expulsé.E.s n’importe quel jour sans préavis ? Sans même avoir eu l’occasion de nous défendre? Faut-il protéger toutes nos affaires, les animaux? Chercher un lieu de repli? Est-ce qu’on va être informées ou est-ce qu’on va encore être reléguées en dehors des procédures de justice, face aux flics, sans préavis ?

Coups de fil aux avocats. Les sons de cloches varient en fonction d’à qui on pose la question. C’est demain ou est-ce qu’on attend une convocation en justice?

Le flou. Le déni.

On continue à tutorer les tomates. C’est bientôt le temps de planter les épinards. Il faut faire du bois pour l’hiver avant la pluie. Oups ! Il pleut déjà. La Borie en a vu d’autres, elle passera encore entre les mailles de leurs filets. Il sera bientôt temps de récolter les figues. Les champignons arrivent. C’est l’automne.

On attend l’assignation au tribunal. On se prepare le mieux possible. Certaines entre nous commencent à connaître les espèces de la jungle juridque aussi bien que les plantes medicinales de la prairie.

Voici des liens pour regarder et telecharger la Borie Post de Août-Sept-Oct 2019:

page par page, 11,6mb https://cloud.eauchat.org/index.php/f/43028
page par page, 72,2mb https://cloud.eauchat.org/index.php/f/43037
livret, 11,7mb https://cloud.eauchat.org/index.php/f/43025
Livret, 76,7mb https://cloud.eauchat.org/index.php/f/43012

« On vous souhaite des cauchemars »

La rentrée à la Borie est pleine d’envies

On construit des cabanes pour l’hiver

On organise des activités dans la semaine, un groupe chorale, un groupe soin santé, des discussions anti-psy, des discussions autour du jardin…

Une réunion avec la lézarde, on a envie de faire des choses ensemble, si on faisait une grande fête avec les Saint-jeannais.e.s ?

On a reçu une convocation pour un pourvoi en cassation : ça prend au moins un an ! Joie ! On va enfin pouvoir se projeter tranquillement, construire des choses içi sans avoir la trouille que tout soit détruit par la police.

La vie collective est chargée des énergies de l’été, dynamique, on se projette

On s’enracine dans la terre meuble de la borie

Tranquille

Le 11 septembre au matin, visite d’un huissier, de l’adjoint au maire et d’un flic municipal

La tranquillité aura été de courte durée

Nous demandent si on habite ici

Si on compte partir

Si on refuse de donner nos identités

Nous parlent d’une supposée seconde interprétation du procès par la présidente du tribunal de Nîmes déclarant les parcelles expulsables et le jugement exécutoire

Exécutoire ça veut dire expulsable maintenant, quand on veut, sans vous prévenir haha !

Personne n’a reçu ce papier

Nous dit qu’il n’y a pas de délai, que le but de son intervention est de transmettre les informations au préfet pour autoriser l’intervention des forces de police

« Si vous n’aimez pas les forces de l’ordre, vous risquez d’en voir beaucoup ici… »

« – Je fais mon travail.

– On vous souhaite des cauchemars »

Après avoir insisté, on comprend qu’il faut donner des noms avant le lendemain matin pour éviter une procédure non contradictoire, enfin, peut être ?

Un groupe de personnes se rend l’après-midi même chez l’huissier décliner leurs identités

Pendant quelques jours nous n’avons pas de nouvelles

Les suppositions et fantasmes vont bon gré

Peut-on être expulsé.e.s n’importe quel jour sans préavis ? Sans même avoir eu l’occasion de nous défendre ?

Faut-il protéger toutes nos affaires, les animaux ? Chercher un lieu de repli ?

Est-ce qu’on va être informées ou est-ce qu’on va encore être reléguées en dehors des procédures de justice, face aux flics, sans préavis ?

Coups de fil aux avocats. Les sons de cloches varient en fonction d’à qui on pose la question.

C’est demain l’expulsion ou est-ce qu’on attend une convocation en justice ?

Le flou.

Le déni.

On continue à tutorer les tomates. C’est bientôt le temps de planter les épinards. Il faut faire du bois pour l’hiver avant la pluie. Oups ! Il pleut déjà. La Borie en a vu d’autres, elle passera encore entre les mailles de leurs filets. Il sera bientôt temps de récolter les figues. Les champignons arrivent. C’est l’automne.