Le projet de l’arrogance // Pourquoi La Borie n’est pas expulsable légalement

LE PROJET DE L’ARROGANCE

Une fois l’arrivée fracassante de cette nouvelle actrice dans le dossier La Borie,  ça a pris quelques temps pour se remettre de nos émotions. Rapellons que cette personne s’est installée sur un terrain où vivent déjà des gentes, sans même être venu nous voir au préalable, tout en faisant venir une pelleteuse! Si le premier contact fut désastreux, il y a eu toute une série d’échanges qui nous a fait miroiter que cette personne pouvait être de bonne foi. Cependant, c’est en ignorant nos demandes qu’elle a complètement défriché la deuxième piste menant accès à notre lieu de vie. Cette piste, parfaitement inutile, servait de barricade depuis des années. Maintenant défrichée, il s’avère qu’elle n’est même pas utilisable les jours de pluie (ça va être jojo pendant les épisodes cévenoles!). En arrivant, le premier geste de l’acheteuse a donc été de nous rendre plus vulnérable à une opération policière qui jouera en sa faveur. Pourtant elle demande au maire de ne pas expulser pour le moment. Il optempère. Elle se donne le beau rôle. Au final, on est même pas expulsable légalement, une procédure doit être relancée.
Peu après son arrivée, elle nous dit à plusieurs reprises qu’elle se dédouanne d’une future expulsion. Elle se considère complètement extérieure à ce conflit qui n’implique que les squatteur.euse.s et le maire. N’est-elle pas consciente qu’en tant que future propriétaire, c’est elle qui acte la destruction de ce qu’on a mis des années à construire et à protéger? Peut-elle vraiment ignorer que c’est la présence des occupant.e.s de La Borie qui a permi d’éviter sa destruction, depuis trente ans? Et que la défense de ce lieu magnifique où elle s’imagine développer ses projets agro-touristiques a été possible grâce à celleux qu’elle attend maintenant de voir expulsé.e.s de force? Belle reconnaissance. D’un côté, elle nous dit qu’elle partage nos valeurs, de l’autre elle facilite le travail des flics et utilise les arguments de la propriété privée pour nous imposer ses décisions. Mais elle nous comprend, sachez-le!

Comble de l’arrogance, elle nous demande de faire plus propre pour ses acheteurs et investisseurs. Elle menace de faire venir les flics à la moindre exaction et parle de nous faire “déplacer”. Elle nous propose même d’ouvrir un musée sur nos luttes comme ça on pourra en faire vivre la mémoire. UN MUSÉE! Petite nouvelle, madame: la bataille pour La Borie n’est pas terminée, elle est toujours bien vivante. On n’abandonne pas si facilement. Bienvenue dans l’arène.

Un projet agro-touristique éco-quoi?
Selon le document de présentation du “Projet d’installation agricole” dont on a obtenu copie, son projet est de faire de La Borie un site “agro-touristique” à destination commerciale et pseudo-sociale. Elle souhaite fabriquer une forêt comestible exploitable et commercialiser sa production (voir l’image ci-contre, tirée du document, un peu modifiée…). Surtout, elle va construire 10 emplacements de “bivouac naturel” de luxe loués comme “lieu de vacances en famille, entre amis ou en comité d’entreprise”. Ceux-ci comprendront chacun leur propre tente sophistiquée, leur propre toilette sèche, leur propre cuisine, leur propre douche et leur propre jardin comestible. Adieu la gratuité de La Borie. Le montant estimé pour l’achat de matos de ces installations “rudimentaires”?
22 500 euro. Vraiment. On vit dans le même monde. Les projets collectifs gratuits c’est bon pour les musées. Vive les installations individuelles payantes destinées au “tourisme écologique”!

Sur le plan éco-lol, notre chère nouvelle arrivante prétend également faire découvrir “un environnement totalement protégé” où elle n’utilisera pas de “tracteurs qui tassent le sol, empêchent le drainage et la formation de racines”. En regard du défrichage de la piste (voir la photo ci-contre), on peut se permettre de douter de son interprétation de “totalement protégé”. Selon les témoins qui étaient sur place, il s’avère que ce n’est pas aux ciseaux qu’elle s’est taillé son allée inutile, mais bien à la pelleteuse et au bulldozer. C’est pour le moins étrange, non? pour une personne qui se félicite de ne pas utiliser de tracteurs par soucis pour le drainage et les racines. Permettons nous de douter, encore une fois, de la bonne foi de ce personnage. D’autant plus qu’elle parle d’une “bienveillance envers la nature et les personnes”… Alors là! Faudrait pas nous prendre pour des bureaucrates, on pourrait y croire!

“Il n’existe aucun autre lieu d’accueil de ce genre dans le Parc Naturel des Cévennes”
– citation rigolote

Ce qui nous choque (ou nous fait marrer) encore plus, c’est l’aspect pseudo “social” de ce projet et l’absence totale et délibérée de considération pour ce qui est déjà en place ici. En fait, outre la commercialisation de sa production et la location aux touristes, un de ses objectifs est de proposer des séjours de soutien thématiques (comme “soutien dans le deuil”, “yoga et remise en forme”, “survie dans la nature”, “protection de l’environnement et recyclage”, etc.) lors desquelles elle fera payer le gros prix en fonction des revenus. Cette gentrification de La Borie pour les bobos et les touristes en mal de connexion avec l’environnement, de même que les revenus de sa production agricole commerciale, permettront de financer des “séjours de rupture” pour des jeunes en galère qu’elle souhaite faire travailler. Oui oui! Parce que travailler, c’est ça qu’ils souhaitent les jeunes! On avait dit social? Oui oui: réinsertion sociale. Un projet unique, novateur, alliant tourisme, gentrification et réinsertion. Du jamais vu.

En soi, c’est super de proposer des “séjours de rupture” à des jeunes qui galèrent dans la vie. Ce qu’elle ne réalise pas trop, c’est que La Borie est DÉJÀ un lieu refuge pour toute sorte de jeunes (et moins jeunes) qui sont dans différentes galères et qui, en plus, arrivent à s’organiser sans rapport hiérarchique ni collaboration avec l’état. Diantre! Ces gentes peuvent même habiter le lieu sans avoir à y travailler et sans payer! C’est gratuit, improductif et… épanouissant? Scandale! Et il parait qu’illes rejettent la notion de propriété privée et considèrent La Borie et sa plage comme un espace collectif et ouvert à toustes… et ce depuis des années! Tellement qu’on arrive même pas à les virer!

Une question persiste: peut-on vraiment s’attribuer une étiquette “sociale” quand on vire des personnes de chez elles pour les remplacer par des touristes et faire de la réinsertion par le travail? Pas étonnant que son collaborateur ait abandonné le projet…

Et alors, tu fous quoi là, à nous reprocher de n’avoir rien fait de La Borie pendant 15 ans, alors que tu ne connais rien de l’histoire de ce lieu qui est, notamment, une référence dans les réseaux anti-psychiatrie et féministe? Tu penses qu’on va rester là, à te regarder t’installer et à détruire ce lieu-refuge si rare et précieux? Contre la mairie, on résiste. Contre l’achat de La Borie, on résistera aussi.
Yo. Au lieu de nous couper l’herbe sous le pied, si tu partages des valeurs communes avec nous, pourquoi ne pas, justement, faire vivre la commune de La Borie? C’est dommage, on aurait pu bien s’entendre, prendre le temps de mieux se connaître… mais fallait cependant y penser avant de débarquer avec tes grands sabots de future propriétaire sur un territoire en lutte!

– Non mais, illes se prennent pour qui ces squatteur.euse.s?

Pour des squatteur.euse.s, justement. Faudra faire avec.

– Mais quelle arrogance!

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POURQUOI LA BORIE N’EST PAS EXPULSABLE LEGALEMENT

Depuis la Borie, nous nous sentons concernés par les propos du maire de Sain-Jean-du-Gard lorsqu’il parle des « squatteurs ». Nous nous permettons donc de répondre aux propos qu’il a tenu dans l’article du Midi Libre du 11 juin 2019.

Depuis le 3 janvier 2017, la Commune de Saint-Jean-du-Gard a initié une procédure judiciaire à l’encontre de Patrick, Michel et Delphine. Depuis plus de deux ans, le maire Ruas, s’acharne à expulser la Borie. Un jugement disproportionné du 12 juin 2018 ordonnait l’expulsion de Delphine, Patrick et Michel ainsi que de tou.te.s occupant.e.s.

Delphine et Patrick ont continué la bataille judiciaire devant la Cour d’Appel et ils ont obtenu leur maintien dans les lieux. La décision du 14 février 2019 leur reconnaît un bail d’habitation. Pendant ces deux années les autres squatteur.euse.s ont disparu du paysage judiciaire. Ils ont été ignoré par la Commune de Saint Jean du Gard qui a peut être estimé que ces derniers ne méritaient même pas un procès. C’est d’ailleurs ce qu’a du entendre Ruas lorsque la Cour d’Appel a déclaré irrecevable la demande d’intervention volontaire des squatteur.euse.s pour être inclu dans la procédure d’appel.

C’est peut être aussi pour cela que Ruas s’est permis d’imaginer qu’il appartenait aux agriculteurs de virer par eux-même « les squatteurs ». Encore une fois Patrick et Delphine ont sollicité l’interprétation du jugement de la Cour d’Appel.

Le 6 juin 2019, le président de la Cour d’Appel a mis les points sur les i. Les agriculteurs ainsi que « les personnes de leurs famille et de leur entourage proche qui ont partagé concomitamment un même toit qu’eux » doivent quitter les lieux de La Borie hormis la petite maison où ils détiennent un bail d’habitation.
Rappelons maintenant les propos de Ruas dans le Midi Libre : “Cette décision nous ramène au premier jugement en notre faveur, explique le maire. C’est à nous de requérir les forces de l’ordre pour expulser les squatteurs. Cela dit, à la demande de la future acquéreuse du domaine, j’ai décidé de ne pas le faire pour l’instant. “

Tout d’abord, il n’y a pas de décision qui ramène au premier jugement. Ensuite, il ne peut y avoir réquisition des forces de l’ordre sans décision de justice. Or, la décision du 14 février 2019 considère que: «l’issue de la présente instance est sans incidence sur le sort des autres occupants du site ». Nous attendons donc avec curiosité qu’elle fameuse décision de justice permettrait de faire venir les flics à La Borie pour expulser « les squatteurs ».

En tout cas la décision interprétative du 6 juin 2019 est pour tou.te.s les squatteur.euse.s une jurisprudence qui ne manquera pas d’être utile lorsqu’on sait à quel point les droits des « occupants sans droit ni titre » sont bafoués et que les occupants d’un lieu facilement englobés dans la notion de « tous occupants de leur chef » dans des décisions de justice pourtant réputées contradictoires. Alors avis à tous les occupants de leur chef, cette notion ne concerne que les personnes de la famille ou de l’entourage proche qui ont partagé concomitamment un même toit que la partie régulièrement nommée à la procédure. Et les autres attendrons toujours la venue de l’huissier.

Pour finir, nous pensons, en vrai, que Ruas n’a pas besoin de nous pour comprendre la teneur de la décision de la Cour d’Appel. Par contre, nous savons d’une part, qu’il tentera si un jour il en a le pouvoir de réaliser une expulsion illégale. Et d’autre part, qu’il croit encore pouvoir tromper et manipuler les médias et les personnes qu’il installe sur les lieux. Comme quoi, quinze ans après il y en a qui n’ont toujours rien compris.

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Editorial

Pourquoi ce journal? Pour donner des news, pour s’exprimer, pour montrer que nous sommes toujours là. On s’est senti tellement depassé.e.s par toutes les choses qui arrivent en ce moment à La Borie. C’est incroyable ce qui se passe tous les jours. Puis on rencontre des personnes qui demandent tout le temps “Ah ça existe toujours La Borie?! Vous n’étiez pas sensé être expulsé.e.s?” Eh bah oui! Mais alors comment expliquer, commencer par où? Si on ne comprend même pas soi même qu’est-ce qui est en train de se passer.
Ce qu’il faut essayer de comprendre, c’est que c’est tous les jours (ou pratiquement) “comme ça”. Un “comme ça” indescriptible, aussi difficile que de tenter sa chance à décrire le mouvement de l’eau. Un torrent, par exemple, prend de multiples formes, se fracasse sur les pierres à une vitesse variante, partage des directions infinies… ce sont ces sphères de spontanéités qui animent les journées à La Borie.

C’est aussi pour a qu’on a du mal à donner des news régulièrement. Il y en a beaucoup!! Dernièrement, l’arrivée d’une personne qui veut acheter La Borie nous a bien bousculé. On nous dit qu’on a de la chance avec elle, que son projet n’est pas si mal. Mais en vrai, il faut appeler les choses par leur nom. Vendre du développement durable – c’est du capitalisme greenwashé. Acheter un lieu déjà squatté pour gagner des thunes en acceuillant des touristes – c’est de la gentrification.

Donc voilà, ce journal c’est un cri, c’est la matérialisation d’un moment de torrent qui s’est craché sur des feuilles. Les textes et autres choses qui ont trouvé leur chemin dans ce joural sont des perspectives individuelles, et parfois collectives. Ensemble, peut-être composent-elles une image qui représente un peu ce qui se passe ici. Au moins c’est l’idée du truc…

Et tout cas, viens toi même, te faire ta propre idée… ACABisoux <3

la borie post, version A4 brochure

https://cloud.eauchat.org/index.php/s/mpcFyGp2Gic8zfM

la borie post, version page par page

https://cloud.eauchat.org/index.php/s/ZXBif9H2LyxsTHf

 

Le grand Camping Ecolo-Anarcho-Feministo

La Borie est un vieux squat. Ici on cultive l’errance et les ronces. Et si y a
pas de collectif défini, les bases communes sont anti-autoritaire,
feministes, anti-psy, anti racisme et colonialiste, anti-capitalisme,
auti-discriminatoire de tout genre. C’est loin d’être parfait mais on
essaye quand même de se débarasser de nos formes d’oppressions et de se
soutenir dans nos joies et nos galères.

Et là, on est en train de se faire bouffer, par la gentrification au
manteau de pseudo alternative éco-responsable. La future proprio veut
faire de La Borie un camping écolo de luxe! Contre la privatisation,
viens poser ta tente quand tu veux et rester autant de temps qu’elle te
plaira.

A partir du 6 juillet on déclare ouvert notre propre camping écolo
anarcho feministo, le vrai de vrai camping écolo des
Cévennes:
– Où on a pas besoin de payer pour se tremper les pieds.
– Où le bonnet de bain n’est pas obligatoire.
– Où on peux rire, s’organiser, se soigner, manger les fraises du jardin
ou la récup.

Et tout ça, sans avoir besoin de bosser toute l’année pour s’offrir une
semaine de vacances.

On a envie de se retrouver, de partager des savoirs et des
incompétances, de jouer de la musique et pleins d’autres choses encore.
Viens avec tes idées et fais vivre ce lieu car c’est trop nécessaire
d’avoir des vieux squats comme ça et de refuser massivement la propriété
privée.

Pour covoiturage, proposition d’ateliers, orga etc. voici un pad:
pad.eauchat.org/p/superecolo

ou la superbe video:
https://vimeo.com/317658626

et si vous voulez imprimer des affiches où des flyers, voici les fichiers en bonne qualité
https://cloud.eauchat.org/index.php/s/jJzjJowoTtegfiX

A plus!

 

Appel à soutien et retour sur les derniers évènements de La Borie

Qu’est-ce que La Borie et pourquoi ce lieu est à défendre :

Cet endroit au coeur des Cévennes est une terre de résistance depuis 30 ans. Résistance face à un projet de barrage qui allait détruire la vallée du Gardon, expropriant les paysans. La lutte l’a emporté et le projet de barrage a été arrêté.

Depuis, le lieu n’a cessé d’être occupé par différentes entités, dont un collectif avec pour base des valeurs autogestionnaires, féministes, anti-psy et anti-autoritaires. Ce collectif y a construit un refuge, un espace hors de la temporalité capitaliste, un lieu d’accueil et en dehors des rapports monétaires. Il est peuplé par des personnes de tout âge, avec des enfants en liberté, qui l’ont façonné à leur manière.
La situation a évolué avec la nouvelle municipalité, passée à un notable local dont la famille dirigeait l’entreprise en charge de la construction du barrage, bien décidé à expulser le lieu.
Les voies juridiques de recours viennent d’être épuisées et le lieu est désormais expulsable.

– Les derniers évènements :

Les habitant-es de La Borie ont vu lundi dernier une des deux pistes d’accès au lieu se faire dégager par une pelleteuse. Celle-ci était bloquée pour rendre plus difficile toute intervention policière. Elle a ensuite été rebloquée la nuit suivante.
Peu de temps après, une info tombe : la municipalité, encore propriétaire du lieu, aurait signé un bail sur toute la Borie, comprenant une option d’achat, avec une personne ayant comme projet un « Camping EcoVillage ».
Les habitant.e.s, à leur grande surprise, ont appris qu’elle avait déjà commencé à habiter à la Mielerie (l’une des maisons de la Borie) et qu’elle était à l’initiative de la venue de la pelleteuse : selon ses dires ce n’était donc pas une préparation d’expulsion par les autorités.

Celle-ci a fini par rencontrer le collectif samedi matin, lui apprenant son existence, confirmant les rumeurs de rachat de La Borie et expliquant qu’elle s’était entendue avec la mairie pour laisser au maire la charge de l’expulsion. Cet échange a été violent symboliquement pour le collectif, se trouvant à devoir subir la hiérarchie imposée par cette personne, sans avoir été aucunement consulté.

Celle-ci a pour projet de s’installer à la Borie, amenant avec elle des jeunes en rupture qu’elle a accompagné dans une structure de réinsertion et qu’elle veut aider à s’installer : agriculteur bio, médecin, aromathérapeute.

Le collectif a décidé de geler l’avancée de son installation, lui demandant de partir, le temps d’éclaircir la situation. Elle dit depuis vouloir composer avec notre présence.
Elle a informé de la venue ce lundi d’un employé de Domaine de France, chargé de l’expertise financière de La Borie, potentiellement accompagné de forces de l’ordre. Elle nous a précisé qu’elle ne souhaitait pas la présence de personnes en uniforme, qu’elle refusait qu’il y ait de la violence ou que « du sang coule ».

Lundi matin, cet employé est venu accompagné par des gendarmes, policiers municipaux et PSIG (équipe d’intervention spéciale de la gendarmerie.)
Pour éviter toute intervention du PSIG et après discussion avec la « future propriétaire », il a été accepté à contre-coeur de le laisser entrer, avec pour seule escorte un policier municipal afin d’expertiser uniquement les maisons du coté de la mielerie.

Sur l’ordre du jour du conseil municipal de Saint-Jean-du-Gard de ce Lundi 27 Mai, il était question de la signature de la Convention d’Occupation de La Borie. Le collectif a donc décidé d’y faire un tour, déguisé.es, pour faire présence dans cet espace qui juge de notre sort sans nous consulter. Des personnes ont interpellé le maire en lui demandant si il allait bel et bien mettre des dizaines de personnes à la rue. Après quelques raclements de gorges gênés, il a répondu qu’il le ferait.

Mardi, la future propriétaire a eu rendez-vous avec le maire et lui a demandé qu’il n’y ait pas d’expulsion. Selon ses dires, il s’est engagé oralement à ne pas le faire tant que tout se passerait bien entre le collectif d’occupant.es de La Borie et elle. Et cela sans pouvoir produire d’attestation ou quoique ce soit ayant valeur juridique.

Ca laisse le collectif dans le flou, toujours vulnérable face à une expulsion, et soumis au bon vouloir de cette nouvelle arrivante, sous peine de devenir indésirable.

Nous sommes dans cette situation d’instabilité, au jour le jour, tiraillés entre nos valeurs et nos craintes. Nous gardons la certitude que La Borie est un espace d’agriculture respectueuse, un refuge pour les existences hors normes, incompatibles avec la société. Il est clair que nous ne voulons pas de toute forme de gentrification et d’industries touristiques dans ces terres communes.

– Besoin de soutien :

Plus que jamais, La Borie a besoin de soutien, pour que son collectif tourne et ne s’épuise pas, pour occuper l’espace, préparer sa défense face à de potentielles futures expulsions.
Nous sommes ouvert.e.s à toutes les énergies. La Borie est accueillante et hospitalière. Y’a de la place pour construire des cabanes, planter des trucs..

Liste des Besoins matériels non exaustive :
– Matériel de medic
– Talkie walkies
– Matos de protection en cas d’expulsion
– Matos peinture
– Jumelles
– Draps/banderoles
– Bouffe
– Batteries 5V/12V
– Lames de scie sauteuse et forets (bois, métaux…)
– Pinces coupantes
– Bougies/Lanternes/Frontales

Ce Samedi 18 Mai une pelleteuse à la Borie. Appel à soutien !

Ce Samedi 18 Mai nouveaux rebondissements à la Borie.

Une pelleteuse est venue déblayer une piste d’accès à la Borie qui était condamnée depuis une quinzaine d’années. Bien qu’une bonne partie de la piste ait été dégagée, le chantier a été stoppé.

Que la mairie veuille se créer un meilleur accès pour la vente de la Borie ou pour en expulser ses habitant.es, il est hors de question que nous lui en laissions le loisir. La piste a été rendue instantanément impraticable et des messages sont apparus sur la route les jours qui ont suivi.

Sur les murets on a pu lire LA BORIE LUTTE ENCORE – RUAS* DEGAGE !

Nous considérons que les forces de l’ordre pourraient arriver à n’importe quel moment. Et peut-être encore davantage à partir du 9 juillet, date officielle d’expulsabilité de tous.tes les occupant.es, dites illégales, de toutes les parcelles de la Borie. Plus que jamais nous appelons tous.tes les camarades à nous soutenir, à venir occuper les lieux et les habiter. Soyons nombreux.ses sur place !

Et pour cell.eux qui ne peuvent pas venir sur place, toute action décentralisée nous donne de la force, ça fait chaud au cœur !

LA BORIE EST PRECIEUSE ! NON AUX EXPULSIONS !

*Michel Ruas, Maire de Saint-Jean-du-Gard et commanditaire des expulsions de la Borie.

 

 

 

Fête pour les 30 ans de la Borie : Atelier d’écriture et Concert !

Le 30 mai, viens fêter les 30 ans d’occupation de la Borie !

Ateliers d’écriture à la yourte à partir de 14h pour toutes celleux qui veulent.

Le soir Concert de rap du groupe LE BESTIAIRE avec TOUCAN , TORTUE , BÉBÉ REQUIN.

LE BESTIAIRE compose quand le besoin se fait sentir, la rime sert à cracher à la gueule des puissants, à prendre parti contre la normalité. Pour l’instant, l’exclusivité de l’écoute reviens à celles et ceux qui luttent. Seules les oreilles présentent dans les rues le samedi nous ont
entendu!

L’écriture est urgente et cherche à coller à l’agitation en cours pour en faire un récit sonore. On pratique le live émeutier, notre coeur restera à la rue !

Pour te résumer, on rap pour tenir tête et fédérer.
Depuis fin novembre notre scène est la manif.
On transporte la sono dans le caddie ou en trotinette.
Avec un public déter, chaque samedi on gonfle l’émeute.

Viens avec ta tente, ton duvet, ta frontale, tes palmes, et à manger.

Comportements oppressifs non merci.

bisous

La Borie : Nouveau rebondissement juridique

L’avocat de Patrick PASANAU et Delphine MAILLARD sollicite de la cour d’Appel l’interprétation du jugement.

Ce qu’il faut comprendre c’est que le juge va interpréter la notion de tout occupants de leur chef, à savoir:

– on considère qu’il y a un lien entre Patrick et Delphine et les squatteurs dans ce cas, tout occupants de leur chef concerne tout le monde et les autres occupants des lieux seront liés avec Patrick et Delphine dans la décision du juge.

ou

– on considère que les occupant-e-s ne sont aucunement lié-e-s à Patrick et Delphine, dans ce cas « tout occupants de leur chef concerne » uniquement les membres de la famille et proche installé-e-s par Patrick et Delphine. Dans ce cas, le juge devra préciser dans le jugement interprété les conditions de l’expulsion. S’il ne le fait pas, les occupant-e-s n’êtes pas expulsables (le jugement de première instance n’est plus applicable non plus).

Il existe encore des stratégies judiciaires à imaginer et défendre.

L’audience est prévue pour le :

Le Greffier du Service
INFORME LES REPRÉSENTANTS DES PARTIES
que l’affaire sera plaidée à l’audience du 14 Mai
2019 à 08 H 45 sur la requête en
interprétation déposée par Me Guilhem NOGAREDE

Ci-joint la REQUÊTE D’INTREPRÉTATION

REQUETE INTERPRETATION

Rendu du procès en appel

Ce jeudi nous avons appris la décision de la Cour d’Appel de Nîmes concernant l’avenir de la Borie. Nous sommes expulsables à partir du14 avril prochain, pour plus de détails vous pouvez lire le rendu attaché à cet article.

En réaction, les occupant-e-s de la Borie proposent à leurs soutiens de se réunir samedi 23 février 2019 à 14h à la Borie. 

Nous aimerions discuter de l’organisation de l’avant – pendant – après expulsion avec nos ami-e-s.

A tt à l’heure

Certain-e-s occupant-e-s de la Borie.

DECISION(1)

Rassemblements avant le rendu du procès, samedi 2 et mercredi 6 février 2019

Salut à tout.x.s !

Comme vous le savez peut-être déjà, la Borie est un lieu situé à 5km de Saint-Jean-du-Gard, dans les Cévennes. Il s’agit d’un site de 22 hectares, composé de forêts (essentiellement de chataigners), de prairies, où passe une large rivière (le Gardon), traversé aussi par quelques sources, et habité par de nombreuses personnes (bâtis anciens et habitats légers).

Ce lieu a été le théâtre d’une lutte acharnée (et victorieuse !) dans les années 1980-90 contre la construction d’un barrage hydraulique qui aurait inondé toute la vallée. Depuis cette époque, différentes personnes s’y sont installées, y vivent  encore aujourd’hui, ont entretenu le bâti et les terres, et se sont organisées collectivement pour y faire perdurer un état d’esprit de résistance aux projets industriels et à la marchandisation du vivant.

Certain-es habitant-es y ont ou y ont eu une activité officielle, d’autres s’organisent en autogestion, dans l’ensemble en se mettant d’accord sur les espaces à partager.

En 2008, le site a été racheté par la commune de Saint-Jean-du-Gard
au conseil général (qui avait porté le projet de barrage et
exproprié certain-es habitant-es au début des années 80), et en 2017,
une procédure judiciaire à été lancée pour expulser les
habitant.x.s. Depuis près de 15 ans, aucun projet n’a été mis en
avant par la commune, leur seul objectif étant aujourd’hui – à
notre connaissance – de remettre la main sur ces terres.

Suite aux péripéties judiciaires de l’été, quelques mois furent
grappillés. Mais le rendu du délibéré approche à grand pas ! Il est
prévu pour le 7 février. Alors pour l’occasion, pour recevoir le
rendu du procès, être ensemble, fêter la vie et se préparer aux
temps qui viennent, rejoignez-nous à la Borie !

RASSEMBLONS-NOUS ICI
Samedi 2 février, de midi à pas d’heure, on se rassemble à la borie
pour festoyer, se réunir, s’organiser, discutailler.
Au programme de la journée-soirée : repas vegan, installation sonore
radiophonique avec le bouilleur, concert d’Epilexique à la yourte,
ateliers divers et variés, feu sur la plage etc. (Si vous avez des
envies de choses à faire, un groupe de zik à inviter, etc…
n’hésitez pas ! contact : laborieestcommune@riseup.net)

Mercredi 6 février, au soir, pour être ensemble la veille du rendu, on
s’organise un grand banquet vegan au coin du poêle, suivi d’une
nuit de projections et discussions !

ET PAS LOIN
aux presque-mêmes dates, à la Lézarde (local autogéré au 66
Grand’Rue, Saint-Jean-du-Gard, contact : lézarde@riseup.net),
Dimanche 3 février, 17h30 : soirée de soutien aux luttes contre les
frontières (spectacle, discussion et repas)
Mardi 5 février, midi : repas mensuel de la Lézarde
Et aussi sur les rond-points d’Alès et de Saint-Hippolyte-du-Fort
avec les gilets jaunes !

VENIR À LA BORIE
À Saint-Jean-du-Gard, suivre la direction vallée française. À un
moment dans les tournicotis, un panneau « la borie » sur la droite.
Vous pouvez, pour celleux qui viennent en bagnoles et camtars, vous
garer sur le parking en haut ou devant le portail à l’entrée du
site. Sinon, depuis Saint-Jean-du-Gard, comptez une petite heure à
pied. Le stop fonctionne plutôt bien !

ET RESTER !
La borie est commune et le restera. Plusieurs espaces peuvent être
occupés, notamment un sleeping non mixte. Des discussions (sans tel) se
feront à ces moments pour qu’on organise la suite ensemble !

Vive la borie commune, vive les communes !
Des habitant.x.s

 

Procès La Borie, Acte II

Le 4 décembre 2018, s’est tenu, à la Cour d’appel de Nîmes, le procès en deuxième instance des habitant-e-s de La Borie.

Le rendu du délibéré est prévu pour le 7 février 2019.

En plus de la défense de Delphine MAILLARD et Patrick PASANAU, constituée – avec brio et implication – par Maître NOGAREDE, deux personnes du collectif se sont portées « intervenantes volontaires », et elles ont, elles aussi, déposé des conclusions. Cette intervention s’est faite tardivement (une semaine seulement avant la date du procès en appel), et pour cause : l’avocat avec qui nous étions en lien pour constituer la défense des habitants sur une base politique, n’a, tous simplement, plus donné de nouvelles. Cela faisait du temps que nous cherchions un avocat qui daignerait se saisir de notre affaire, et en voilà un qui avait répondu positivement, on n’y croyait plus. Mais voilà que les vacances d’été ont achevé sa motivation. À la rentrée, il faisait le mort… c’est dire à quel point les squatteur-euses et les précaires intéressent les hommes de lois. Et c’est dire aussi à quel point c’est vulnérabilisant de se défendre sur le terrain juridique quand on est « sans droit ni titre », quand on a pas d’existence sociale autre que le mépris ou la pitié qu’on suscite, quand notre travail n’est pas valorisé puisque non salarié, quand on n’a même pas de quoi s’offrir le luxe d’être opportuniste, et quand notre seule utilité est de servir de contre-exemple pour l’ensemble de la société…

Un mois avant la date de l’appel, un avocat accepte enfin de nous défendre, Maître PERICCHI, même s’il ne sera que postulant, car nous lui faisons une fleur : il n’aura pas se salir les mains en fouillant au cœur de notre histoire boueuse, nous élaborerons nous-mêmes notre défense. Heureusement que nous avons un ami juriste dans notre entourage… Merci à lui.

Nous sommes des gueux et des gueuses, et il semble que nous laisser entrer en Cour d’appel s’apparente un peu à donner de la confiture aux cochons : faut-il considérer cela comme une faveur, ou comme une erreur judiciaire grotesque ? Nous l’ignorons encore, mais qui sait… peut-être traînerons-nous nos loques jusqu’en cassation ?

Ci-dessous les conclusions déposées par la Mairie de Saint-Jean-du-Gard, celles de Delphine MAILLARD et Patrick PASANAU, et celles des deux intervenantes volontaires, Claire LIVOTI et Marie PAGET.

 

Conclusions de la Mairie de St-Jean-du-Gard

Conclusions MAILLARD-PASANAU

Conclusions LIVOTI-PAGET